La génisse et le pythagoricien
2002

c o m p a g n i e   t f 2 ,   j e a n - f r a n ç o i s   p e y r e t
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La génisse et le pythagoricien
ou l'étrange plaidoyer pour la restitution des frontières enlevées à Europe

Je voudrais vous dire les sensations que j'ai éprouvées et que j'ai recueillies auprès de mes amis. Au-delà des métamorphoses, j'ai vu le jeu avec la perméabilité des frontières : celle des deux côtés de la scène (matière inédite à la fois épaisse et aérée) ; celle des espèces avec les hommes-reptiles et celle des genres sexuels avec Clément et Jean-Baptise, superbes images de maternité et de femme trahie. Plus encore que la frontière, le passage de l'inertie à l'animation provoqué par le désir pudique et ardent de Pascal-Pygmalion et incarné par Maud, vamp insaisissable, qui magnifie cette étincelle de vie, ce mirage de l'artiste. La brièveté de son apparition fait d'elle la plus juste Galatée, née du désir de l'homme et aussi vite évanouie que le désir de l'homme, pire, de l'homme-artiste.


La cohabitation de deux personnages en un tient certainement de la borderline qu'Acétès a franchie en se dédoublant et en alternant, sous le joug d'une ondulation organique, l'unité rassurante et l'angoisse du discours et de son écho ; comme Maud-Junon, traditionnellement fière mais ici possédée par l'ivresse, s'abandonnant à une introspection (de nouveau l'écho ?) falsifiée par l'alcool.


La non étanchéité des frontières se manifeste enfin par la juxtaposition du discours savant et de la farce, de la science et de l'art et (j'ose) celle du verbe et de la musique accidentée, contaminée, régénérée. Eclatement des frontières musicales : humaine, mécanique et électronique ; et de celle, habituellement si protégée, de la réalité et du théâtre, grâce à François dont on ne sait plus la nature : personnage, narrateur, double de l'auteur, ou encore admoniteur, celui qui appartient à la représentation mais qui, avec bienveillance, guide le spectateur sur scène (dans la peinture, souvent l'autoportrait de l'artiste ou Jean-François-Bacchus).


Moi, je ne boude pas le réel plaisir que j'ai eu à découvrir Ovide sous cet angle court-circuité et réinjecté de magie théâtrale : affinité élective du texte et du jeu.

Merci à tous,
Anne Lafont, historienne de l'art

Samedi 7 décembre 2002.